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Les bases de la culture des variétés à autofloraison, en extérieur, de la graine à la récolte

  • Jul 15th 2026
    7 mins read
Cultivation
Growing

Alors que le printemps bat son plein, de nombreux jardiniers attendent avec impatience le mois de mai, marqué par quelques dernières gelées et qui se trouve être le moment idéal pour commencer les plantations. Parmi les différentes variétés de cannabis, les variétés à autofloraison sont particulièrement adaptées à cette période. Contrairement à leurs homologues photopériodiques, qui nécessitent des cycles lumineux spécifiques pour arriver à passer de la phase végétative à la floraison, les variétés à autofloraison passent du stade de semis à celui de floraison en fonction de leur âge et de leur croissance et non de leur exposition à la lumière. Cette caractéristique unique simplifie le processus de culture et les rend parfaites pour les débutants ou ceux qui souhaitent récolter plusieurs fois par saison.  

Pourquoi planter des variétés à autofloraison en mai ?

Planter des variétés à autofloraison en mai correspond parfaitement à leurs besoins de croissance et à leurs cycles naturels. Une fois le risque de gel passé, la température du sol a suffisamment augmenté pour favoriser une germination et un développement racinaire qui soient tous deux optimaux. Commencer la culture de vos variétés à autofloraison directement en pleine terre ou dans leur « pot définitif » garantit un environnement stable propice à une croissance saine, car les plants s’épanouissent alors dans des conditions constantes et sans repiquage.   

jeune auto dans un pot

Comme la plupart des variétés à autofloraison nécessitent entre 75 et 100 jours entre la graine et la récolte, vous pouvez vous assurer de multiples récoltes en extérieur en commençant votre culture en mai. C’est pourquoi, très régulièrement, nous proposons des offres spéciales sur les autofloraisons. Ceci se révèle particulièrement utile pour les personnes vivant dans des régions dans lesquelles le nombre de cultures autorisées est limité.  

Voici quel peut être votre calendrier…  

En démarrant vos autofloraisons en mai, vous pouvez déjà récolter en juillet ou en août, puis passer ensuite à un autre cycle d’autofloraisons ou de plantes photopériodiques qui commenceront à fleurir sitôt leur plantation que vous planifiez donc fin juillet ou août. C’est la solution idéale pour ceux qui souhaitent terminer leur saison de culture dans le courant du mois d’octobre.  

Si vous vivez dans une région au climat tempéré qui vous permet de cultiver toute l’année, vous pouvez continuer à planter des variétés à autofloraison tout au long de l’hiver sans vous soucier de la durée d’exposition à la lumière. Ce que nous pouvons résumer en disant que les variétés à autofloraison permettent aux cultivateurs des régions chaudes de cultiver, en extérieur, leur cannabis en continu.   

Comprendre les réactions au stress des variétés à autofloraison

Les variétés à autofloraison sont connues pour leur capacité à fleurir, quel que soit le cycle lumineux, mais elles sont toutefois sensibles au stress si elles ne sont pas gérées correctement. L’un des facteurs de stress les plus courants pour ces plantes est le choc de la repique. Contrairement aux variétés de cannabis classiques, les variétés à autofloraison ne se remettent pas facilement des perturbations subies par leur système racinaire. Cette sensibilité rend donc indispensable leur croissance dans un pot suffisamment grand ou dans un espace précis du jardin dans lequel elles pourront rester tout au long de leur cycle de vie. Cela élimine le risque de choc de la repique, permettant aux plants de concentrer toute leur énergie sur leur croissance et leur floraison.   

Plantule en terre

Commencer la culture de vos autofloraison dans leur « domicile définitif » signifie également que vous devez les démarrer en extérieur, ce qui est idéal pour tous les semis cultivés au soleil. N’oubliez pas que les semis vont très bien se développer en extérieur, à la condition toutefois que la température nocturne soit toujours supérieure à environ 5°C, soit environ 40°F. Vous pouvez vous assurer que la température de votre sol reste suffisamment élevée durant la nuit en plantant directement en pleine terre mais en utilisant une serre ou un châssis froid.   

Plantation des variétés à autofloraison, le terreau et l’installation  

Lorsque vous plantez des variétés à autofloraison, choisissez un pot adapté à la taille de la plante, et il est généralement affirmé que plus il est grand, mieux c’est. Comme je le rappelle toujours… « Plus les racines sont grandes, plus les pousses sont grandes, plus les fruits sont gros. » Votre terreau doit être riche en matière organique, mais surtout, bien drainé pour éviter l’engorgement, ce qui pourrait freiner la croissance de la plante. Un pH équilibré, légèrement acide à neutre, entre 6,0 et 7,0 environ, est idéal. Les variétés à autofloraison ayant un cycle de vie compact, leur parcours entre la graine et le moment de la récolte s’effectuant souvent en seulement 8 à 10 semaines, il est primordial d’optimiser leur environnement dans le but d’un développement rapide.   

Vous pouvez préparer votre propre terreau et y ajouter un mélange d’engrais comme le Rainbow Mix, ou bien encore acheter des sacs de terreau déjà enrichis. La plupart des terreaux biologiques contiennent des ingrédients très similaires, ce qui fait que je ne recommande donc pas un terreau plutôt qu’un autre. J’évite le compost de déchets verts, car il est en règle générale fabriqué à partir de déchets de jardin collectés dans des centres de gestion des déchets. Ce type de compost, bien qu’il fournisse une ressource intéressante créée à partir de déchets, convient mieux aux cultures non destinées à la consommation, telles que les fleurs ornementales, car il n’existe aucune réglementation, ni aucune information, sur les types de produits chimiques qui ont été pulvérisés ou utilisés sur la matière première.   

Plantes en pot

Il ne faut pas surcharger vos plants d’un trop grand nombre de nutriments d’un seul coup. Ainsi, une bonne règle empirique, pour les variétés à photopériode, est que chaque volume de 4 à 5 litres de terreau fraîchement enrichi (env. 1 gallon) dans votre pot équivaut à un mois de croissance végétative. Étant donné que les variétés à autofloraison peuvent arriver à leur phase de floraison plus rapidement que les plantes à photopériode, vous devriez commencer à leur donner une macération nutritive hebdomadaire, quelques semaines seulement après la repique. Le type de culture que vous pratiquez va influencer le choix des nutriments à utiliser. Si votre terreau est fortement enrichi en engrais secs, donner à vos plants une simple « macération aérée » de compost riche en microbes bénéfiques et en enzymes, va les aider à décomposer les nutriments présents dans votre sol.

(ndlr : le terme « infusion » est parfois utilisé, toutefois, comme il s’agit d’une préparation de trempage dans de l’eau, les termes « macération » ou « extraction » correspondent mieux à la technique proposée)  

Un ingrédient que j’utilise fréquemment pour sa forte teneur en enzymes est l’orge maltée ou les graines germées. Puisque l’orge maltée est, en termes d’enzymes, active, elle s’en trouve pré-germée, séchée et disponible dans les magasins locaux fournissant des brasseries. Ces types de macérations aérées contiennent un large éventail d’enzymes, telles que l’amylase et la phosphatase, qui, respectivement, solubilisent très efficacement les matières à base de carbone et de phosphore.

Orge maltée
L’orge maltée a une teneur élevée en enzymes !  

Recette de macération aérée enzymatique  

  • 1 cuiller à soupe de graines germées de votre choix par portion souhaitée de 4,5 litres (environ 1 gallon) 
  • 1 tasse de compost par portion de 4,5 litres (environ 1 gallon) 
  • ½ cuillère à café de silicate de potassium par portion de 4,5 litres (environ 1 gallon)
  • ¼ de cuillère à café d’aloès par portion de 4,5 litres (environ 1 gallon) 
  • ½ cuillère à café d’acide fulvique par portion de 4,5 litres (environ 1 gallon) 
  • ½ cuillère à café d’extrait soluble de varech par portion de 4,5 litres (environ 1 gallon)
  • 1/18e de cuillère à café de yucca par portion de 4,5 litres (environ 1 gallon) 

Facultatif

· ½ tasse de farine de luzerne ou de farine d’os, par portion de 4,5 litres, selon que les plants sont en phase de croissance ou de floraison.

Dans une passoire à peinture, ou un sac filtrant, que vous positionnez sur une cuve ou un seau pouvant contenir la quantité choisie, 4,5 litres dans notre exemple, mélangez les graines broyées ou mixées et le compost. Ajoutez de la farine de luzerne ou de la farine d’os, selon la phase. L’aération se fait au moyen d’une petite pompe à aquarium, par exemple. Laissez le mélange bouillonner dans votre réservoir à l’aide de pierres à air pendant 4 à 12 heures. Ne laissez pas infuser plus de 24 heures, car de l’acide lactique pourrait s’accumuler. L’odeur doit être douce et pâteuse, et non aigre.  

Ajoutez les autres ingrédients, en commençant par le silicate de potassium, et laissez-le se dissoudre complètement avant d’ajouter tout autre ingrédient.

Ajoutez le yucca en dernier, car il contient des taux élevés de saponines, qui vont provoquer des bulles.

Parmi les ingrédients de cette macération aérée simple, plusieurs favorisent l’absorption des minéraux qui devraient déjà être présents dans votre terreau et augmentent le taux de superoxyde-dismutase dans vos plants.  

Cette enzyme spécifique est essentiellement un antioxydant pour les plantes et peut aider à réduire le stress lié à la vie en extérieur, notamment la chaleur, la sécheresse, le repiquage, les attaques d’insectes, etc. Le yucca, les acides fulviques et le varech ont notamment cet effet et contiennent de nombreuses hormones végétales qui favorisent la croissance et la santé des plantes. 

Pour que vos plants autoflorissants restent heureux et en bonne santé

La clé d’une culture réussie d’une variété à autofloraison réside dans le maintien d’un environnement optimal… 

- Humidité : maintenez le sol constamment humide sans être gorgé d’eau. Les autofloraisons se développent mieux avec des arrosages fréquents et légers, en particulier dans un sol bien drainé. 

- Nutrition : commencez par un mélange nutritif plus dilué que celui que vous utiliseriez pour les variétés photopériodiques, car les autofloraison peuvent être sensibles à une suralimentation. Augmentez progressivement la concentration à mesure que le plant arrive à maturité. Utilisez un engrais équilibré contenant tous les micro et macronutriments nécessaires. 

- Lumière : bien que les autofloraisons ne nécessitent pas de cycles lumineux spécifiques, cependant, pour maximiser leur croissance, elles se développent mieux avec de longues heures d’exposition à la lumière. Si vous les plantez en extérieur, choisissez un emplacement bénéficiant d’un ensoleillement abondant tout au long de la journée.

Arrosage manuel
Arrosez les sols toujours légèrement est recommandé pour toutes les variétés à autofloraison !

Suivi et ajustements

Un suivi régulier est primordial. Vérifiez quotidiennement vos plants afin de détecter toute carence ou tout excès de nutriments, ainsi que la présence de ravageurs et de maladies. Les variétés à autofloraison poussent rapidement, ce qui fait que les problèmes doivent être corrigés sans délai de manière à garantir un rendement optimal. Adaptez les soins, si nécessaire, en particulier si vous remarquez des signes de stress, tels que des feuilles tombantes ou des décolorations. 

Assurez-vous de disposer d’un plan de lutte contre les ravageurs (IPM, Integrated Pest Management), ce qui est efficace pour prévenir les attaques de ravageurs. Vous pouvez tout apprendre sur l’IPM dans cet article ou bien suivrehttps://www.queenofthesungrown.com/products/holistic-horticulture-class-series-how-to-treat-pests-organically-ipm-part-3 cette formation, qui va vous fournir un guide de 28 pages sur les ravageurs, accompagné de liens directs vers des produits efficaces.  

Le moment de la récolte 

Étant donné que les variétés à autofloraison commencent automatiquement à fleurir à un certain stade, il est essentiel de pouvoir reconnaître les signes indiquant qu’elles sont prêtes à être récoltées. La phase de floraison dure généralement entre 5 et 7 semaines, après quoi les bourgeons doivent être denses, et les trichomes — ces minuscules structures cristallines présentes sur les bourgeons — doivent passer d’une couleur claire à un blanc laiteux, puis à une teinte ambrée. Ce changement indique que les niveaux de THC ont atteint leur pic et il correspond généralement au meilleur moment pour récolter.

Trichomes ambrés

La culture des variétés à autofloraison est une expérience enrichissante, en particulier pour celles et ceux qui disposent de peu de temps ou d’espace de culture. En comprenant leurs besoins spécifiques et en leur offrant un environnement stable et favorable, qui va de la graine jusqu’à la récolte, les cultivateurs peuvent profiter de plusieurs récoltes de cannabis de haute qualité tout au long de la saison de culture.