L’un des plus grands défis auxquels sont confrontés les cultivateurs de cannabis, pendant la phase de floraison, en particulier au moment du pic, eh bien… C’est la gestion des odeurs ! En effet, tous ces terpènes aromatiques, qui confèrent à chaque variété son caractère distinctif, dégagent également des odeurs puissantes qui peuvent facilement s’échapper de votre espace de culture.
La discrétion est toujours de mise, dans le cadre de la culture du cannabis, mais elle devient difficile à maintenir lorsque l’arôme âcre des plantes matures commence à s’échapper de votre serre ou de votre chambre de culture et risque de se propager dans des espaces communs, voire dans tout le quartier !
C’est pourquoi nous allons nous pencher sur les raisons pour lesquelles le cannabis dégage une odeur pendant la phase de floraison, ainsi que sur les moyens de maîtriser efficacement cette situation. Voici donc votre guide complet pour gérer l’arôme du cannabis, depuis la floraison jusqu’à la récolte et au séchage.
Pourquoi l’odeur du cannabis atteint son apogée en fin de floraison ?

Le cannabis ne dégage pas toujours une odeur forte, du moins pas au début de son cycle de vie. Durant la phase végétative, les plants dégagent principalement un parfum léger qui ne diffère guère de celui de n’importe quelle autre plante verte à feuilles. La véritable odeur se laisse découvrir durant la floraison, en particulier vers les dernières semaines du cycle.
C’est ainsi que, vers la quatrième semaine de floraison, les plantes commencent à mûrir et consacrent une grande partie de leur énergie à la production de trichomes, qui sont de minuscules glandes remplies de résine qui renferment des cannabinoïdes et des terpènes. C’est à ce moment précis que la concentration en terpènes atteint son pic et que, par conséquent, l’arôme de la plante devient nettement plus prononcé. L’odeur s’intensifie encore davantage à partir de la septième semaine, devenant souvent suffisamment forte pour envahir l’espace de culture et même au-delà !
Les terpènes tels que le limonène, le myrcène et le pinène, respectivement responsables des notes d’agrumes, terreuses ou de pin, sont très volatils et se diffusent donc facilement dans l’air. Si ce sont ces composés qui confèrent à chaque variété son caractère unique et ses saveurs, ils sont également à l’origine de cette odeur caractéristique du cannabis qui peut être difficile à contenir. Heureusement, il existe plusieurs méthodes éprouvées pour la gérer efficacement.
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La filtration au charbon, la référence en matière de contrôle des odeurs

Pour neutraliser l’odeur de cannabis, la filtration au charbon est sans conteste la solution la plus efficace. Le charbon actif absorbe et retient les molécules odorantes avant qu’elles n’aient le temps de s’échapper de votre espace de culture.
Pour bénéficier des meilleurs résultats, votre filtre doit être adapté au volume de votre espace de culture. Par exemple, une serre ou une tente ou une serre de culture de 120 × 120 × 210 cm (4 x 4 x 7 in.) offre un volume d’environ 3 m³ (112 ft³). Pour assurer un renouvellement et une filtration efficaces de l’air, il vous est recommandé d’utiliser un filtre à charbon associé à un extracteur d’air, dont le débit est compris entre 250 et 350 m³/h. Cette capacité permet de renouveler l’air de la tente ou de la serre, environ une fois par minute, tout en compensant les pertes de débit dues au filtre, aux gaines et aux coudes de l’installation.
Par ailleurs, opter pour un filtre légèrement surdimensionné vous garantit un contrôle complet des odeurs, en particulier pendant le fameux pic de floraison.
Gardez à l’esprit que les filtres à charbon s’usent avec le temps. En fonction de l’utilisation et des conditions environnementales, leur durée de vie est généralement comprise entre 12 et 24 mois. Si vous commencez à remarquer des odeurs, malgré un débit d’air adéquat, il est probablement temps de les remplacer.
Bien que les filtres à charbon soient très efficaces, ils nécessitent souvent un système d’évacuation complet, comme évoqué ci-dessus, ce qui ne correspond pas forcément au budget ni à l’espace de tous les cultivateurs. Heureusement, il existe d’autres méthodes de contrôle des odeurs pour compléter ou pour remplacer la filtration au charbon.
Autres méthodes pour contrôler l’odeur du cannabis
Si vous recherchez des moyens complémentaires, ou bien alternatifs, pour arriver à gérer l’arôme de votre cannabis, voici plusieurs options réputées pour être efficaces…
- Générateurs d’ozone : ils fonctionnent en libérant de l’ozone dans l’air, qui réagit avec les molécules responsables des odeurs et les décompose. Bien qu’efficace, l’ozone est irritant et potentiellement nocif pour les voies respiratoires et les yeux des humains comme des animaux. Il ne doit être utilisé que dans des locaux inoccupés, puis laissé le temps de se dissiper avant toute réintroduction de personnes ou d’animaux. Cette solution convient donc davantage aux installations commerciales ou aux espaces hermétiques peu fréquentés.
- Purificateurs d’air : un purificateur de haute qualité équipé d’un filtre HEPA et de couches de charbon actif peut contribuer à réduire les odeurs. Bien que cette solution ne soit pas aussi efficace qu’un système d’évacuation au charbon actif, elle peut tout de même apporter une amélioration notable, en particulier dans les petits espaces ou en tant que solution d’appoint.
- Appareil à neutraliser les odeurs : des produits tels que l’Ona Gel ou d’autres sprays et gels qui neutralisent les odeurs peuvent masquer ou éliminer celles-ci dans les couloirs et les entrées. Cependant, ces appareils ne doivent en aucun cas être utilisés à l’intérieur de votre espace de culture, car leurs parfums puissants peuvent altérer les profils terpéniques de vos plantes et potentiellement affecter leur saveur et leur arôme.
- Chambres de culture étanches : la création d’une chambre de culture bien étanche est l’une des stratégies à long terme les plus efficaces pour contrôler les odeurs. En utilisant des matériaux hermétiques et en colmatant les points d’entrée, vous minimisez le risque de fuite des arômes. Associez cela à un système d’évacuation à filtre à charbon, à la climatisation et à la déshumidification, et vous bénéficierez alors d’un système hermétique, facile à contrôler et à gérer, en toute discrétion.
Pratiques discrètes de récolte et de séchage

Bien que les plantes en floraison dégagent des arômes puissants, de nombreux cultivateurs sous-estiment à quel point les phases de récolte et de séchage peuvent être odorantes. Dès que vous commencez à couper les plantes, à tailler les bourgeons et à les suspendre pour les faire sécher, la libération de terpènes passe à la vitesse supérieure. Sans précautions, ce parfum puissant peut se propager loin et rapidement.
Voici quelques conseils pour vous aider à réduire les odeurs pendant votre récolte…
- Récoltez pendant la période la plus fraîche de la journée, lorsque l’air est moins agité et moins susceptible de transporter les odeurs. En intérieur, gardez toujours les fenêtres et les portes fermées pendant la coupe et l’ébourgeonnage afin d’empêcher les odeurs de s’échapper.
- Durant le séchage, les terpènes continuent de s’évaporer, ce qui fait de cette phase un moment primordial concernant la gestion des odeurs. Idéalement, utilisez une salle de séchage équipée d’un filtre à charbon actif autonome pour les capter. Mieux encore, installez un espace de séchage hermétique qui est doté de son propre système d’évacuation et de filtration.
- Le contrôle de l’environnement joue également un rôle important. Maintenez votre espace de séchage à une température comprise entre 16 et 18 °C (60°F et 65°F), avec une humidité relative de 55 % à 60 %. Cela va vous permettre de préserver les terpènes, autant que de limiter la quantité d’odeur libérée dans l’air.
Conseils supplémentaires pour gérer l’odeur du cannabis
Pour aller encore plus loin dans votre maîtrise parfaite des odeurs, envisagez de cultiver des variétés connues pour produire des odeurs moindres. Évitez les variétés riches en terpinolène si pour vous la discrétion est une priorité, car elles sont généralement classées comme étant des plus âcres.
N’oubliez pas que la température et l’humidité influencent directement l’intensité de l’odeur. L’air chaud et humide retient davantage de molécules odorantes que l’air frais et sec. En maintenant un environnement légèrement plus frais et moins humide, tout en restant dans les plages favorables au développement de vos plants, vous réduisez l’intensité de l’odeur et sa potentielle portée.
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Conclusion concernant le contrôle de l’odeur du cannabis pendant sa floraison
La culture du cannabis est intrinsèquement aromatique, en particulier pendant les dernières semaines de floraison et tout au long de la phase de séchage. Mais ce n’est pas parce que la culture est une activité odorante que vous devez en faire profiter tout le voisinage !
Grâce à une combinaison judicieuse d’outils et de méthodes, notamment la filtration au charbon, des environnements hermétiques et un calendrier bien pensé, vous pouvez rester discret et protéger votre vie privée. Que vous cultiviez pour votre consommation personnelle ou que vous développiez votre activité, une gestion efficace des odeurs se trouve donc essentielle. Et n’oubliez pas que vous pouvez choisir des variétés peu odorantes, vous permettant de créer un environnement de culture bien contrôlé. Ceci va contribuer à faire en sorte que votre cannabis reste votre affaire, et celle de personne d’autre.
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Bonne culture !

