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Le cannabis est-il efficace contre l’anorexie ?

L’anorexie est un trouble alimentaire dévastateur qui met souvent la vie des personnes qui en souffrent en danger. Bien que les causes de cette maladie ne soient pas entièrement comprises (ce qui la rend extrêmement difficile à traiter), certaines données suggèrent que le cannabis pourrait contribuer à lui faire face.

Cannabis, cannabinoïdes, anorexie et appétit

Le lien évident entre cannabis et fringales a conduit les chercheurs à suggérer que fumer de l’herbe pourrait aider à combattre l’anorexie en stimulant l’appétit. En réalité, cette affection est bien plus qu’un simple manque de faim et est sous-tendue par des problèmes psychologiques complexes tels que la dysmorphie corporelle, une faible estime de soi et des comportements obsessionnels.

Il est donc peu probable que le cannabis suffise à lui seul à guérir l’anorexie, mais il peut être un outil utile dans la quête d’une augmentation de l’alimentation et d’une prise de poids. L’hormone leptine, par exemple, est fortement impliquée dans la suppression de l’appétit et est grandement influencée par l’activation du récepteur cannabinoïde 1 (CB1). Dans des études sur des souris, l’inactivation de ce récepteur a considérablement perturbé la fonction de la leptine, laissant entrevoir un rôle pour les cannabinoïdes dans le traitement des troubles du comportement alimentaire[i].

D’autres recherches sur les animaux ont révélé que la signalisation des récepteurs CB1 médiait le lien entre l’odeur et la faim. Lorsque des souris ont été traitées avec des cannabinoïdes, elles sont devenues plus sensibles à l’arôme de certains aliments et en ont augmenté leur consommation[ii]. De même, les patients souffrant de cachexie – ou de perte d’appétit – à la suite d’un traitement contre le cancer ou le VIH ont tendance à manger davantage et à prendre du poids lorsqu’on leur administre des agonistes CB1[iii].

Ces résultats ne constituent pas une preuve que le cannabis traite l’anorexie, mais ils impliquent que les cannabinoïdes peuvent aider les patients en sous-poids à prendre quelques kilos supplémentaires. Étant donné que la perte de poids sévère est l’un des symptômes les plus dangereux de l’anorexie, ce stimulateur d’appétit à action rapide pourrait sauver la vie de ceux qui cherchent un traitement.

Le cannabis est-il vraiment efficace contre l’anorexie ?

Il n’existe pratiquement aucune étude digne de ce nom sur l’utilisation du cannabis pour traiter l’anorexie. Et, parmi les deux études à petite échelle qui existent, l’une a été critiquée pour sa mauvaise conception et sa méthodologie, ce qui ne laisse qu’un seul essai crédible[iv].

Menée dans un centre spécialisé dans le traitement des troubles alimentaires entre 2008 et 2011, l’étude a porté sur 24 femmes souffrant d’anorexie sévère. Les participantes ont pris 2,5 milligrammes de THC de synthèse deux fois par jour pendant quatre semaines, suivi d’une pause d’un mois et d’un traitement ultérieur de quatre semaines avec un placebo.

Le traitement au THC a entraîné une prise de poids supplémentaire moyenne de 0,73 kilogramme par patient par rapport au placebo. Fait important, le dosage utilisé était si faible que la plupart des femmes participant à l’essai étaient incapables de dire si elles avaient reçu le cannabinoïde ou le placebo[v]. En revanche, l’étude problématique susmentionnée a utilisé des doses de THC beaucoup plus élevées, ce qui a amené de nombreuses participantes à se retirer de l’essai à cause des effets psychoactifs du THC[vi].

Selon les auteurs de l’étude, 82 % de cette prise de poids était directement attribuable au THC, ce qui indique que le cannabis peut aider les femmes anorexiques à augmenter leur consommation de nourriture.

Bien qu’il n’existe pas d’études sur l’efficacité des différentes variétés de cannabis contre l’anorexie, les variétés Indica sont réputées pour leur capacité à stimuler l’appétit. Toute personne cherchant à prendre du poids peut donc tester des génétiques comme l’OG Kush ou la Skywalker OG.

Il est essentiel de se rappeler, cependant, qu’en l’absence d’autres thérapies, le cannabis n’est pas susceptible de traiter les causes sous-jacentes de l’anorexie, même s’il peut aider à l’augmentation initiale de la prise alimentaire.

[i] Cristino L, Becker T, Di Marzo V (2014) Endocannabinoids and energy homeostasis: an update. BioFactors 40(4):389–397. https://iubmb.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/biof.1168

[ii] Soria-Gómez E, Bellocchio L, Reguero L, Lepousez G, Martin C, Bendahmane M, Ruehle S, Remmers F, Desprez T, Matias I, Wiesner T. The endocannabinoid system controls food intake via olfactory processes. Nature neuroscience. 2014 Mar;17(3):407-15. – https://www.nature.com/articles/nn.3647

[iii] Nelson K, Walsh D, Deeter P, Sheehan F (1994) A phase II study of delta-9-tetrahydrocannabinol for appetite stimulation in cancer-associated anorexia. J Palliat Care 10(1):14–18. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/082585979401000105

[iv] Rosager EV, Møller C, Sjögren M. Treatment studies with cannabinoids in anorexia nervosa: a systematic review. Eating and Weight Disorders-Studies on Anorexia, Bulimia and Obesity. 2021 Mar;26(2):407-15. – https://link.springer.com/article/10.1007/s40519-020-00891-x

[v] Andries A, Frystyk J, Flyvbjerg A, Støving RK. Dronabinol in severe, enduring anorexia nervosa: a randomized controlled trial. International Journal of Eating Disorders. 2014 Jan;47(1):18-23. – https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/eat.22173

[vi] Gross H, Ebert MH, Faden VB, Goldberg SC, Kaye WH, Caine ED, et al. A double-blind trial of delta 9-tetrahydrocannabinol in primary anorexia nervosa. J Clin Psychopharmacol. 1983;3:165–171. – https://journals.lww.com/psychopharmacology/abstract/1983/06000/a_double_blind_trial_of.4.aspx.

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